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UN COMMENTAIRE DE PENTECOTE : TU CROIS AU PARADIS ?

Patrick Royannais (prêtre)

TU CROIS AU PARADIS ? (PENTECOTE)


Qu’est-ce que faire profession de foi ? Qu’est-ce que signifie professer sa foi ? S’il s’agit d’une célébration dont la tradition, très française, remonte à environ quatre-cents ans, cette question n’intéresse que peu de monde tant, quelques pré-ados, leurs parents, et les nostalgiques d’un christianisme qui n’existe plus.


Nous pouvons nous réjouir de ce que des enfants reçoivent une culture chrétienne, entendent parler de Jésus, de la vie avec lui. Mais si demain s’arrête leur découverte de Jésus, s’ils sont rassemblés pour la dernière fois ou presque avec d’autres chrétiens, si être chrétien ne détermine pas leur manière de vivre, catéchistes et enfants auront perdu leur temps.
On pourra penser que ce qui a été semé germera un jour. On pourra aussi penser que ce qui a été semé fera croire que l’on sait ce qu’est être chrétien, que l’on est chrétien et dispense d’aller plus loin. Si nous sommes ici pour un acte ponctuel et religieux, nous n’avons rien compris. Avec Jésus, c’est comme avec les amis, à ne plus les fréquenter, on se perd de vue, quand bien même on aurait vécu autrefois des moments très forts.


Professer notre foi nous projette en dehors de cette église, à chaque instant de nos vies, pour tâcher de vivre comme Jésus. Professer sa foi c’est vouloir vivre comme Jésus, lui qui, partout où il passait faisait le bien, lui qui relève les accablés et soigne les blessures, lui qui partage la table de la fête, lui qui ne se résigne pas à voir la mort et le mal l’emporter.


Faire profession de foi, parce que c’est vouloir vivre comme Jésus, c’est choisir la vie, avec et pour les autres, dans une société toujours plus juste, une société à aiguillonner en vue d’une plus grande justice. Cela concerne toute la vie, et non des affaires de sacristie.


Jésus sait que la transformation du monde et de lui-même ne relève pas que de sa propre volonté. Certes il veut cette transformation, mais elle est, parce qu’elle est, la volonté du Père. Depuis la création le Père veut le paradis, sa vie partagée avec tous. Notre boulot de chrétiens, c’est de vouloir, comme Jésus, la vie de Dieu partagée avec tous, le paradis
Dans le langage de Jésus, la volonté commune du Père et du Fils, c’est l’Esprit Saint. L’Esprit est Dieu en nous qui nous donne de vouloir le paradis, la vie heureuse avec et pour tous. Il est tellement évident que nous nous fermons à l’Esprit quand nous ne choisissons pas la vie, quand nous ne voulons pas la volonté du Père, la vie bonne pour tous.
Faire profession de foi, c’est à 13 ans comme à 100, choisir Jésus, choisir avec Jésus la volonté du Père, et, je le redis, cette volonté c’est le paradis, la vie pour tous et avec tous. Faire profession de foi, c’est croire au paradis, non comme un mythe mais comme l’engagement à faire que ce monde soit le jardin des délices. Crois-tu au paradis ?
Pendant des siècles, on a cru qu’il suffisait d’être baptisé pour cela. On s’est mis le doigt dans l’œil, ou du moins, on se fourvoie si, aujourd’hui, on pense que le baptême enfant, un peu de caté et une profession de foi, fait de nous des chrétiens. On ne peut choisir de vivre comme Jésus, seul. C’est pour cela que nous avons besoin de nous retrouver. On ne peut vivre comme Jésus sans se préoccuper de Jésus et de ses frères jour après jour. Comment sommes-nous disciples si nous ne prenons pas le temps de chercher comment Dieu compte sur nous pour faire sa volonté ? Et pourtant, c’est la prière que nous redisons sans cesse : « que ta volonté soit faite ».


Chacun d’entre nous, pour que la prière ne soit pas mensonge, se doit de vouloir la volonté du Père. Heureusement, ce Père habite en nous par son Esprit, ainsi nous pouvons pour de vrai et déterminer cette volonté, et nous retrousser les manches pour qu’elle soit faite.


Faire profession de foi, ce n’est pas une célébration vers 13 ans, ou le baptême reçu il y a fort longtemps, et rien d’autre. Ce n’est pas davantage la messe chaque dimanche si la volonté du Père n’est pas faite sur la terre comme au ciel. Ce n’est pas, faute de mieux, trouver une explication au monde. Ce n’est pas non plus se réfugier dans la superstition, en désespoir de cause, prier, comme si Dieu aller changer le monde. Dieu n’est pas un magicien. Nous ne faisons pas profession de foi pour nous évader dans le rêve d’un monde meilleur. Nous faisons profession de foi pour rendre, par la force de l’Esprit, ce monde meilleur, un paradis.


PATRICK ROYANNAIS (prêtre)

 

Horaires de messes

Dimanche 3 juillet - 10:30 Eglise Saint-Amé de Saint-Amé

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